Lundi 21 mai 2007
 
 
    LE LYCEE JULIETTE RECAMIER , ...
 
Avec 700 élèves venant de Lyon et ses banlieues, il est l’un des rares lycées à nous permettre l’étude de l’arabe comme deuxième langue. Avec l’Immeuble Yacoubian, nous, les élèves d’arabe des classes de première, avons découvert collectivement une œuvre intégrale de la littérature égyptienne. Nous avons écrit des critiques de ce roman, dont l'une a été publiée dans le quotidien gratuit Lyon Plus. Ce travail s'inscrit dans le cadre des Assises Internationales du Roman prévues à Lyon du 30 mai au 2 juin 2007. 

                                                                                                          
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Par Amira - Publié dans : Une classe, un projet !
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Mardi 29 mai 2007
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    ... AVEC LA XAVIERE



Les élèves de 1ere L de l'école "La Xavière" ont étudié " L'Immeuble Yacoubian " en même temps que nous.
Nous les avons rencontrés pour un échange de points de vue sur le roman.

 Principaux point de discussion:
  • Homosexualité et viol (?) dans le roman
  • En quoi la société égyptienne d'aujourd'hui ressemble-t-elle ou pas à ce qu'en dit le roman ?
  • Actualité ou pas des différences de classes sociales
  • Mariages, amour, argent
  • Rôle de la religion pour Taha et les autres personnages
  • Fin décalée par rapport au réalisme du roman. Trop belle ?
Par Amira - Publié dans : Rencontre avec la Xavière
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Mardi 29 mai 2007

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Alaa El Aswany  né au Caire le 26 mai 1957, il faits ses études au Lycée Francais du Caire et les poursuit aux Etats-Unis de 1984 à 1987. Actuellement, il exerce le métier de chirurgien-dentiste et mène une carrière de chroniqueur de presse. Il connaît un succès mondial en 2002 avec son roman L'Immeuble Yacoubian. Son dernier roman, Chicago, vient d'être publié dans son pays.



Bio express par les élèves de La Xavière

Par Amira - Publié dans : Alaa El Aswany
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Mercredi 30 mai 2007

immeubleyacoubian-1.jpg « L’immeuble Yacoubian », mosaïque de vies égyptiennes…

 

 

Avec Alaa al Aswany, départ vers la chaleur d’une cité vibrante, souvent passionnée et torride : Le Caire en 1991, en pleine guerre du golfe !



Sur fond de crise sociale, corruption politique, libertinage, abus sexuels et montée de l’islamisme, nous plongeons dans l’univers de nombreux personnages, de différentes classes sociales, qui luttent pour survivre, chacun avec ses armes, ses craintes et ses espoirs. Les histoires enchevêtrées des habitants de l’immeuble Yacoubian révèlent les zones d’ombre d’une société égyptienne complexe et diversifiée.

Chapitre après chapitre, nous voilà passionnés par la vie de Taha, un jeune étudiant qui se tourne vers l’islamisme pour assouvir sa soif de vengeance, de Zaki Dessouki, un vieil aristocrate déchu, nostalgique et attiré par les femmes, de Hatem, homosexuel marqué par son enfance, de Boussaïna, belle et jeune femme au départ résignée à tout accepter pour échapper à la misère, de Haj Azzam, un faux dévot, de Souad, victime de la toute puissance masculine…

Les vieux messieurs qui cherchent le réconfort dans le corps de jeunes filles, les hommes d’affaires à l’ambition dévorante, l’homosexuel à la double vie, le jeune garçon déçu par le système qui sombre dans le terrorisme montrent les multiples facettes de la société égyptienne. L’auteur les décrit avec un réalisme et une précision époustouflants.

Il ne cherche pas à enjoliver l’Egypte contemporaine quand il évoque le manque de démocratie, les relations ambiguës, aveugles, passionnées, voire hypocrites entre les personnages et Dieu. Au contraire, il nous raconte les choses telles qu’elles sont, sans se préoccuper des conséquences. Cherche-t-il la confrontation avec le lecteur ou la provocation? Qu'en pense le lecteur égyptien?

En tout cas, l’écriture et la franchise de l’auteur nous ont fait apprécier ce roman du début à la fin, et nous attendons avec impatience le prochain !

 

par les élèves d’arabe de la classe de 1ere du Lycée Récamier: Atig Mohamed, Haid Abdellatif, Msafire Kassim, Ounnas Nacer, Bouya Ibtissam, Bendjema Amina, Semmoune Sihame, Redouane Sonia, Sassi Amani et Ouloum, Bensmida Daoud.

Par Amira - Publié dans : Critique: l'Immeuble Yacoubian
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Jeudi 31 mai 2007
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          ...Avec ALAA EL ASWANI

Le 30 mai 2007 à la Librairie "Terre des Livres" de Lyon.
 





  •  D'abord des lectures d'extraits de L'Immeuble Yacoubian  par le comédien Jean-Philippe Salério:
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  • Puis une lecture en arabe  par ALAA EL ASWANI d'un extrait de son dernier roman Chicago
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  • Agitation dans la salle, une personne du public vient de sortir après avoir déclaré: " l'horreur decrite n'existe pas dans le monde arabe. Il n'y a ni torture ni homosexualité dans le monde arabe...". Photo-008-copie-1.jpg
Le débat s'engage entre nous( lycée Récamier et La Xavière), le public, et EL ASWANI.
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Quelques extraits des  échanges :

Le public :

"Est-ce que ça se passe dans le monde arabe comme
dans L'immeuble Yacoubian ?"


AEA :
".... Je pense que ce n'est pas la fonction de la littérature de présenter une image fidèle de la société... La littérature n'est pas la sociologie. Elle ne présente pas des modèles comme la sociologie, mais des caractères, des personnages... La littérature est un art, le romancier est un artiste... Il utilise l'histoire et il a des choses en commmun avec les Sciences Humaines... Mais la littérature ne donne pas une image des gens en noir et blanc... Elle s'intéresse à ce qu'il y a de plus profond dans l'être humain, entre le noir et le blanc..."

Le public :

" Est-ce que la littérature peut changer le monde arabe ?"


AEA :
"... Ce n'est pas la fonction de la littérature de changer la situation politique. La littérature change l'être humain, nous rend des êtres humains et ce sont ces êtres humains changés positivement par la littérature qui peuvent changer la situation..."

Sonia, pour le lycée Récamier :

"Est-ce qu'il y a des éléments autobiographiques dans votre roman et lesquels ?"


AEA :
"... Tout ce qu'écrit un romancier est issu de son expérience, mais ce n'est pas une autobiographie. Quand je fais un caractère, j'utilise 3 ou 4 personnes que j'ai vraiment rencontrées... Je fais un mélange, et je trouve un caractère qui ressemble aux personnes de la vie, mais ce ne sont pas ces personnes... C'est plus vrai, plus beau et plus humain.."

Les élèves de la Xavière :

"La scène qui présente la première expérience homosexuelle d'Hatem nous a fait beaucoup discuter. Certains l'ont vécue comme un viol, d'autres pas. Qu'avez-vous voulu dire ?"


AEA :
"C'est Hatem qui doit décider si c'est un viol ou pas... Ca ne se passe pas avec moi! Je ne peux pas vous dire si c'est un viol. Hatem est un personnage sur le papier indépendant, et c'est lui qui vit... Mon opinion ne doit pas apparaître. A vous d'avoir votre interprétation! Si j'écris sur un islamiste, ça ne veut pas dire que je suis islamiste. Ce qui fait la différence entre le roman et le film, c'est que le roman vous donne le pouvoir d'imaginer.  Pour le film, je ne suis pas responsable de l'adaptation. Je ne suis responsable que de ce que j'écris.

Quelques phrases fortes d'AEA :

"Je ne travaille pas comme romancier pour le ministère du tourisme... J'écris un roman pour les lecteurs sur l'être humain".

"Avec Les Caractères de La Bruyère, j'ai appris qu'on peut dessiner avec le stylo dans un texte".

"Je ne suis plus moi quand j'écris des caractères".


Quelques-unes de nos réactions :

Kassim M'Safire :

"Sa réaction sur les caractères m'a plu. Comme il l'a bien dit, il se met à la place de ses personnages, mais il ne peut pas décider comment le personnage évoluera. C'est au fil du temps qu'il devient une personne entière. Cette manière de faire, on la trouve chez plusieurs grands auteurs..."

Sihame Semmoune :

"Alaa El Aswany ne veut pas se rendre responsable de la situation de ses personnages dans le livre. Il dit que les histoires s'écrivent toutes seules... Je n'y crois pas. Autrement, j'ai compris qu'il ne veut pas écrire pour donner une image exacte de la société."

Amina Bendjema :

"C'était une chance d'écouter la voix d'Alaa El Aswany et de découvrir quelques passages de son nouveau roman Chicago. Mais il n'a pas répondu exactement à nos questions. Il nous a précisé qu'il n'était pas responsable de l'évolution des personnages de ses romans. D'après moi, ce n'est pas possible puisque c'est lui qui les met en place...".


Mohamed Hedi Atig :

"J'ai retenu qu'Alaa El Aswany essaie de donner vie à chacun de ses personnages en les rendant "le plus humain possible" grâce à des caractéristiques de détail comme les traits du visage, ou s'ils fument ou ne fument pas... J'ai aussi retenu que, question politique, il garde son opinion pour lui..."

Daoud Smida :

"J'ai aimé la lecture de Chicago qui paraît véridique. Mais à certains moments, j'ai trouvé qu'Alaa El Aswany se cachait  derrière ses réponses, comme pour le viol..."



Par Amira - Publié dans : Rencontre avec Alaa El Aswany
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Jeudi 7 juin 2007
:: « La vraie Égypte n’est pas celle d’aujourd’hui »


Pourquoi avoir choisi de situer l’action de votre roman dans un immeuble du centre-ville du Caire ?

L’immeuble Yacoubian est en fait totalement imaginaire. Les Yacoubian, eux, existent. C’est une famille égyptienne très riche, d’origine arménienne. J’ai choisi de faire référence aux Yacoubian, parce qu’ils correspondent à l’esprit du roman. Ils renvoient à l’Égypte que j’ai connue dans mon enfance, plus tolérante et libérale. La vraie Égypte n’est pas celle d’aujourd’hui. Prenez la religion : on avait une interprétation de l’islam très ouverte. Le centre-ville pour moi, ce n’est pas un quartier, mais une époque, une façon de vivre et de voir le monde. J’ai la nostalgie du centre-ville de mon enfance, auquel mon titre fait référence.


Depuis quand, selon vous, l’Égypte a-t-elle changé ?
 
Depuis plus de vingt ans, on est influencé par une interprétation saoudite de la religion. Une lecture terrible, qui n’est pas tolérante. Dans l’histoire de l’islam, il y a l’interprétation du désert et celle des villes. Celle des villes, comme Le Caire, Bagdad ou de l’Andalousie, a toujours été ouverte, contrairement à celle du désert. À cause de la pauvreté et de la dictature en Égypte, des millions d’Égyptiens démunis sont partis travailler en Arabie Saoudite. Ils en sont revenus avec de l’argent, mais aussi avec une interprétation intolérante de l’islam. Cela a commencé après la guerre de 1973, à l’époque de la crise pétrolière et du boom du prix du pétrole. 

    

     :: « La pauvreté est la raison majeure de la poussée islamiste. »



L’un de vos personnages, Taha, est un jeune d’origine modeste qui, ne trouvant pas sa place dans la société, dérive peu à peu vers l’islamisme. Y a-t-il beaucoup de jeunes comme lui en Égypte ?


À l’origine de mon roman, il y a des personnages qui ont une dimension politique, mais je n’avais pas l’idée de parler d’un sujet sociopolitique en particulier. Si je veux parler de politique, j’écris un article. Il faut savoir que le régime égyptien ne donne pas de droits aux pauvres. À cause de la dictature, beaucoup de gens, et les jeunes en particulier, n’ont pas la possibilité de s’exprimer librement et cela conduit effectivement au fanatisme. La pauvreté est la raison majeure de la poussée islamiste. L’attitude de Taha, qui essaie de tuer l’officier ayant essayé d’abuser sexuellement de lui, est très humaine. Il est rejeté par tous et partout. Les islamistes sont les seuls à l’écouter. La révolte sociale et politique de Taha passe par la religion. C’est quelque chose que je peux comprendre…


Vous abordez des questions comme la corruption, les droits des femmes, l’homosexualité. Autant de sujets dérangeants pour les autorités égyptiennes. Comment ont-elles réagi à votre livre ?


Le livre a beaucoup de succès, ce qui me protège. Tout le monde a parlé du roman à sa sortie. J’ai pourtant des problèmes avec le régime en tant que membre du mouvement Kefaya (Ça suffit) qui se bat pour la démocratie. J’écris dans un journal de l’opposition de gauche Al Arabi (L’Arabe), mais je ne suis pas tellement inquiété, surtout en comparaison avec mes confrères. Grâce à L’Immeuble Yacoubian, je suis connu maintenant en Occident. Si on m’arrête, tout le monde en Occident va me soutenir. Mais d’autres écrivains ou activistes n’ont pas cette chance : ils sont arrêtés, battus, des femmes sont même agressées sexuellement par la police. Récemment, il y a eu une bataille des juges contre le régime pour l’indépendance de la justice. Ceux qui soutiennent les juges ont été inquiétés. C’est une attitude digne de votre Moyen Âge.


Le succès phénoménal de votre roman est-il le symptôme d’un mouvement de l’opinion égyptienne en faveur d’une plus grande libéralisation de la société ?


Oui, tout à fait. Depuis dix ans, on assiste à l’émergence d’une opinion séculaire très forte, qui défend les droits des citoyens. Cette opposition au régime n’a rien à voir avec celle du fanatisme religieux. Il y a le mouvement Ça suffit auquel j’appartiens, mais aussi les communistes, les nasséristes et les islamistes. L’Égypte se réveille. Et le régime, en réaction, devient plus violent, car il a peur de cette opposition séculaire et démocratique. Beaucoup plus que des islamistes, car il n’y a pas une si grande contradiction entre le régime de Moubarak et les islamistes, comme on le croit en Occident. Ils ont beaucoup de choses en commun. Moubarak instrumentalise les islamistes : en effet, l’interprétation saoudite de l’islam a été utilisée par le régime pendant vingt ans. Cela aide Moubarak à faire ce qu’il veut. Par exemple, selon cette interprétation de l’islam, si vous n’avez pas de travail, ce n’est pas parce que le régime est corrompu, mais c’est parce que vous êtes paresseux, buvez de l’alcool ou ne faites pas régulièrement votre prière. Avec une telle vision des choses, Moubarak a les mains libres. Récemment, le régime a ainsi utilisé la loi sur le voile en France, qui est un pays laïc, pour organiser des manifestations au Caire.


Pourtant, au départ, le régime de Moubarak n’a pas de base fondamentalement religieuse…


Oui mais il utilise le fanatisme pour éviter de parler de ce qui fâche, comme la crise économique. C’est dangereux. Moubarak envoie ce message à l’Occident : « Ou bien vous acceptez notre dictature, ou bien ce sont les Frères musulmans ». Et ça marche ! Pourtant, pratiquer l’islam, ce n’est pas être un Frère musulman. C’est un groupe très fermé, dont il est difficile de faire partie. Leur présence au parlement sert d’épouvantail au régime.

:: « L'Égypte est en train de se réveiller... »


On sent chez vous une nostalgie de l’âge d’or d’un Caire tolérant et multiculturel. Que reste-t-il de cette Égypte-là ?

En fait, c’est la nostalgie d’une Égypte réelle, une Égypte que j’ai connue et que je défends par mon écriture. J’ai étudié au lycée français du Caire où on fêtait plusieurs fêtes religieuses, celles des juifs, des musulmans et des chrétiens. Il y avait des gens de tous les coins du monde, des Grecs, des Italiens, des chrétiens, des musulmans, des juifs, des gens de partout. C’était la même chose à Alexandrie. Une grande richesse humaine et culturelle…


Et aujourd’hui ?


C’est fini, pour l’instant. Mais il y a encore une Égypte où la religion n’a rien à faire avec l’État et la politique. Une Égypte où les citoyens de toutes religions et origines peuvent vivre ensemble. Et cette Égypte-là est en train de se réveiller…


Vous maîtrisez remarquablement la langue française. Que représente la France pour vous ?


Une culture. La grande culture. Le français, c’est plus qu’une langue, c’est une culture qui a influencé ma vision du monde. Mon père était écrivain, avocat et francophone. Toute ma famille est francophone. J’ai été énormément influencé par la culture française depuis mon enfance. Aimer la liberté, l’égalité, la culture, l’art… Aujourd’hui, quand j’écris, je découvre dans mes textes l’influence d’auteurs français que j’ai étudiés dans mon enfance. La Bruyère, par exemple, et ses Caractères. J’ai appris qu’on pouvait dessiner quelqu’un avec des mots, comme un peintre avec son pinceau. C’est très utile pour un romancier.


D’où vient votre désir d’écrire ?

Mon père était un écrivain connu. J’étais un enfant unique, tous les jours, mon père était en train d’écrire quand je rentrais de l’école. C’était une ambiance particulière, il y avait de la musique… Devenir écrivain était mon rêve. J’ai dû apprendre le métier de dentiste, car on ne peut pas gagner sa vie de la littérature dans le monde arabe. Être dentiste m’a beaucoup servi pour le contact humain, connaître toutes sortes de gens. C’est difficile, car j’ai deux métiers, je travaille beaucoup, mais ça marche…

:: « J’aime Le Caire. C’est ma ville, mon monde. »


Quel endroit aimez-vous particulièrement au Caire ?


J’aime Le Caire. C’est ma ville, mon monde. On y trouve une grande diversité : il y a Le Caire ancien et Le Caire européen, celui du centre-ville où vous allez trouver des copies d’immeubles parisiens. Je vis à Garden City, un quartier bourgeois à l’histoire remarquable, fondé par des Belges. J’aime Le Caire islamique, c’est notre histoire. J’aime beaucoup Alexandrie aussi. Par contre, je déteste Mohandessin, le quartier des nouveaux riches qui ont fait fortune dans le Golfe.

Où emmèneriez-vous un ami français au Caire ?

Les Français sont plus curieux que la plupart des touristes occidentaux, qui viennent juste voir les pyramides. J’ai beaucoup d’amis français et j’ai remarqué que les Français ont un regard plus profond, ils veulent voir la vie réelle des Égyptiens, pas la couverture touristique. Je leur conseille de visiter aussi les quartiers islamistes et ceux des pauvres. Il y a en effet deux Égypte, celle de la lumière, où il y a tout, mais qui représente peu de monde, et celle qui vit dans l’ombre, la plus nombreuse. Moi-même, j’essaie de comprendre cette Égypte, car je l’aime beaucoup

 

 Propos recueillis par Jean-Philippe Damiani Mise en ligne le 15 juin 2006      
      
http://www.routard.com/mag_invite/id_inv/266/alaa_el_aswany.htm
Par Amira - Publié dans : Revue de presse
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Vendredi 25 janvier 2008
D'après l'oeuvre de Alaa El Aswany, le 23 Août 2006, le film L'Immeuble Yacoubian , réalisé par Marwan Hamed et produit par Imad Adeeb, a fait son apparition dans les salles de cinéma egyptiennes.
Voici l'équipe du film:

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Adel Imam dans le rôle de Zaki pasha El Dessouky



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                               Nour Al Sherif dans le rôle de Haj Azzam





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Yousra dans le rôle de Christine













                            
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                                                    Essad younis dans le rôle de Dawlat El Dessouky






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 Ahmad beder dans le rôle de Malaak











                         
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                                                                                         Hend Sabri dans le rôle de Bouthayna




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Khaled El Sawy dans le rôle de Hatem Rachid








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            Khaled Saleh dans le rôle de Kamel El Fouly

















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Ahmad Rateb dans le rôle de Fanous






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                                                 Somaya El Khashab dans le rôle de Soad
                                                                                                          








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Bassem Samra (a droite) dans le rôle de Abdel Rabo






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          Mohamed Imam dans le rôle de Taha El Chazly








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Jihan qamary dans le rôle de Rabab
Par Amira - Publié dans : Le Film
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Lundi 17 mars 2008
 Dans son dernier livre paru en France, Alaa El Aswany nous entraîne vers un nouvel univers romanesque en déplaçant son regard jusqu'à Chicago.

C'est en effet dans cette ville mythique et sulfureuse qu'il a choisi de recréer une Little Egypt en exil, s'inspirant d'un département de l'université de Chicago qu'il a lui-même bien connu lors de ses années de formation américaines. D'un chapitre à l'autre, il entrecroise des vies qui se cherchent et se perdent dans les méandres du monde contemporain, des existences meurtries d'avoir été transplantées dans un univers à la fois étrange et étranger, quel que soit le désir parfois de s'identifier à l'american way of life.

L'Egypte est là, en plein cœur d'une Amérique traumatisée par les attentats terroristes du 11 Septembre. Alors que la visite officielle du président égyptien à Chicago est annoncée, le système policier de l'ambassade se met en branle, orchestré par le redoutable Safouat Chaker, qui contrôle et surveille tous les Egyptiens vivant en Amérique. Complot, manipulation, protestation de liberté et soumission au pouvoir, bravoure et lâcheté...

      - le livre prend, avec cette dimension politique, l'ampleur d'un ambitieux roman exprimant le monde dans la douceur de ses rêves comme dans la violence de ses contradictions. Alaa El Aswany confirme ainsi son talent et s'affirme comme un des grands écrivains arabes contemporains.
 


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Par Amira - Publié dans : Après L'immeuble Yacoubian
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Lundi 5 mai 2008
Avec sa franchise et le même style d'écriture que dans son premier roman, l'auteur nous attire facilement, et nous fait aimer le roman. L’alternance des histoires et des personnages, d'un chapitre à l'autre,  impressionne le lecteur et lui donne une envie de ne quitter le livre qu'après l'avoir fini.

En recueillant l'avis de plusieurs lecteurs de ce livre, j'ai pu constater  que certains lecteurs trouve que certains passage sont trop vulgaires ou étonnants venant d'un écrivain arabe, d'un pays musulman.

 Quant a moi  j'ai une grande admiration pour cette écrivain qui décrit la vérité telle quelle sans ce soucier de ses origines ou des religions : il dit la vérité. Certains trouvent qu'il abuse ou encore qu'il donne une mauvaise image du pays concerné alors qu'il ne raconte que ce qui ce passe.

En tant qu'égyptienne je peux vous dire que les faits racontés dans ce livre ne sont en aucun cas exagérés. Et  même   ce n'est rien à coté de ce qui ce passe vraiment.

Une lectrice de Récamier
Par Amira - Publié dans : Après L'immeuble Yacoubian
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